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Et si le clitoris aidait aussi à soulager la douleur ?

  • Fanny
  • 19 juin
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 août

Quand la science redécouvre l'intelligence du corps féminin…


Soyons honnêtes : l’anatomie féminine a longtemps été un grand mystère pour la médecine.


Le clitoris entier n’a été décrit, imagé et partagé dans sa totalité qu’en 1998. Oui. 1998 !


L’année de la Coupe du monde, de Titanic, et de la naissance de Google.

Pendant que la planète entière regardait DiCaprio se noyer, l’urologue australienne Helen O’Connell publiait les travaux anatomiques les plus complets à ce jour sur un organe que la moitié de l’humanité possède depuis… toujours.

(oui, tu as bien lu.)

Des descriptions avaient été élaborées avant cela, mais peu divulguées.


Le clitoris est l’unique organe du corps humain entièrement dédié au plaisir.

Aucune autre fonction connue. Jusqu’ici.


Car une étude publiée en décembre 2025 dans la revue scientifique PLOS One suggère qu’il en aurait peut-être une autre — et pas des moindres : soulager la douleur.



Un organe encore largement méconnu

Clitoris : soulager les douleurs
Clitoris, cet organe méconnu

Pendant des siècles, la médecine a étudié le corps féminin de façon partielle, souvent à travers le prisme du corps masculin.


Le clitoris a longtemps été réduit à sa seule partie visible.


Or on sait aujourd’hui que cet organe possède plus de 8 000 terminaisons nerveuses et s’étend bien au-delà de ce que l’on voit.


C’est un véritable réseau — connecté aux muscles, aux fascias, aux ligaments et aux nerfs du bassin.


C’est un organe neurologique et hormonal majeur du corps féminin.


Pas seulement un point de plaisir.


  • Clitoris et douleurs
  • Gynécologie naturelle
  • Clitoris soins naturels

Illustrations extraites de "Le petit illustré de l'intimité – de la vulve, du vagin, de l'utérus, du clitoris, des règles, etc. écrit par Mathilde Baudy et Tiphaine Dieumegard, illustrations de Mathilde Baudy, publié par L'Atelier de la Belle Étoile.


L’étude qui change la perspective


Entre 2020 et 2023, l’équipe du Dr Manon Bestaux-Brethez, sexologue au département Gynécologie-Obstétrique du CHU de Rouen, a mené une étude pilote auprès de 32 femmes enceintes.


L’objectif : explorer une hypothèse jusque-là peu étudiée — la fonction analgésique du clitoris.


Dans cette étude de faisabilité, il a été proposé aux femmes de rechercher elles-mêmes un soulagement par stimulation externe à l'aide d'un dispositif vibratoire à positionner au niveau du ligament suspenseur du clitoris lors des éventuels épisodes douloureux.


Les résultats sont frappants.


81,25 % des femmes ont utilisé la méthode.


Sur 304 épisodes douloureux gérés, le soulagement a été rapporté dans 86,2 % des cas.


Le score de douleur est passé de 5,35 à 2,63 sur 10 — soit une réduction de près de la moitié.


L’étude a été publiée en décembre 2025 dans PLOS One (DOI : 10.1371/journal.pone.0333112).


Le Dr Bestaux-Brethez tient à le préciser : « c’est un acte médical, pas un acte sexuel ».

Une nuance importante, dans un domaine encore entouré de tabous. Lien de l'étude : https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0333112



Pourquoi ça marche : ce qui se passe dans le corps


La stimulation du clitoris active des voies neurologiques spécifiques. L'orgasme provoquant une libération d'ocytocine n'étant pas recherché dans l'étude du Dr Bestaux-Brethez (2 orgasmes indiqués pour 304 épisodes douloureux), on peut penser que le soulagement constaté est lié à une libération de bêta-endorphines — ces molécules que l’on appelle souvent les antalgiques naturels du corps.


Elle entraîne aussi une hausse de l’ocytocine, l’hormone de la détente et du lien et une diminution du cortisol, l’hormone du stress.


Un point qui mérite d’être souligné : l’ocytocine synthétique, parfois utilisée pour déclencher le travail, augmente les contractions sans cet effet calmant des bêta-endorphines.



Naturopathie et gynécologie
Nerf pudendal

Le corps, lui, fabrique les deux ensemble.


Au cœur de ce mécanisme : le nerf pudendal.


Son nom en dit long : pudendal vient du latin pudendum : la honte. C'est ainsi que la médecine a longtemps désigné les organes génitaux féminins. Le nerf du plaisir et de la douleur, nommé nerf de la honte.


Ce nerf innerve l’ensemble du plancher pelvien — et se divise notamment en nerf dorsal du clitoris.


C’est lui qui relie la stimulation clitoridienne aux réflexes neuro-pelviens de l’utérus et du plancher pelvien.


Tout est connecté.



Ce que j’entends en consultation


Ce qui me touche dans cette recherche, c’est qu’elle rejoint des retours que j’entends régulièrement.


Consultation de naturopathie gynécologique

Des femmes que j’accompagne m’ont spontanément partagé que la stimulation clitoridienne — manuelle ou avec un stimulateur externe — contribuait à apaiser des douleurs très diverses.


Certaines évoquent un soulagement des douleurs de règles.


D’autres parlent de migraines ou de maux de tête qui s’estompent.


Il y a celles pour qui c’est une façon de couper court à l’anxiété, aux angoisses, ce « petit vélo dans la tête » qui tourne, qui ne s’arrête pas, la charge mentale qui prend toute la place.


Des femmes m’ont aussi parlé de leur expérience pendant le travail de l’accouchement — un territoire que certaines autrices nomment « naissance orgasmique » (Elizabeth Davis, la doula Debra Pascali-Bonaro).


Ce ne sont pas des anecdotes.

C’est le terrain qui parle.



Et la naturopathie dans tout ça ?


Ce qui me semble important dans cette approche, c’est qu’elle rejoint une conviction que je porte depuis longtemps :


Le corps féminin possède des ressources physiologiques puissantes.


La naturopathie s’appuie justement sur cette capacité naturelle d’autorégulation.


Parmi les approches que j’explore en consultation, selon le terrain de chacune, il y a les bains dérivatifs — cette technique d’hydrothérapie froide du périnée qui agit directement sur le nerf pudendal, réduit l’inflammation pelvienne et améliore la circulation dans toute la sphère génitale.


Un outil ancestral, simple, souvent méconnu — qui travaille précisément la même zone que celle explorée par le CHU de Rouen.



Alimentation anti-inflammatoire et naturopathie
alimentation anti-inflammatoire

L’alimentation joue aussi un rôle essentiel.


De nombreuses douleurs féminines — dysménorrhées, endométriose, tensions pelviennes — sont liées à des processus inflammatoires chroniques.


Une alimentation vivante, riche en anti-inflammatoires naturels — graines germées, spiruline, algues marines — peut soutenir le terrain en profondeur et réduire l’intensité des douleurs au fil du temps.


D’autres outils existent.

Chaque terrain est différent.


C’est ce qu’on explore ensemble en consultation.



Le corps féminin sait déjà


Dans de nombreuses traditions ancestrales — du Tantra à la médecine chinoise, des rites de passage féminins aux traditions indigènes — le corps féminin a toujours été considéré comme une intelligence vivante, capable de s’autoréguler et de s’autoguérir.

Gynécologie naturelle

Ce que la science commence à nommer et à mesurer aujourd’hui, le corps des femmes le savait peut-être depuis toujours.


Les femmes ont souvent su intuitivement ce que la science met des années à démontrer.



Si je parle de ce sujet — malgré son côté encore tabou — c’est parce que la santé des femmes mérite une attention complète, curieuse et sans gêne.


Comprendre son corps — vraiment le comprendre — est peut-être l’un des actes les plus puissants qu’une femme puisse poser.





Questions fréquentes


Le clitoris peut-il vraiment soulager la douleur ?


C'est ce que suggère une étude publiée en décembre 2025 dans PLOS One, menée par le Dr Manon Bestaux-Brethez au CHU de Rouen. Sur 304 épisodes douloureux, le soulagement a été rapporté dans 86 % des cas et le score de douleur a été divisé par deux. C'est aussi ce que de nombreuses femmes témoignent et pratiquent dans leur intimité.


Comment le clitoris agit-il sur la douleur ?


La stimulation clitoridienne active des voies neurologiques spécifiques et entraîne la libération de bêta-endorphines — les antalgiques naturels du corps — ainsi qu'une hausse d'ocytocine et une baisse de cortisol.


Quand le clitoris a-t-il été entièrement décrit par la médecine ?


En 1998, l'urologue australienne Helen O'Connell a publié les travaux anatomiques les plus complets à ce jour sur cet organe, présent chez la moitié de l'humanité depuis toujours. D'autres descriptions existaient déjà, mais moins complètes et moins précises, car Helen O'Connell a bénéficié de techniques d'imagerie modernes tels que l'IRM.


Qu'est-ce que le nerf pudendal ?


Le nerf pudendal innerve l'ensemble du plancher pelvien et se divise notamment en nerf dorsal du clitoris. Il relie la stimulation clitoridienne aux réflexes neuro-pelviens de l'utérus et du plancher pelvien.


Que propose la naturopathie pour les douleurs féminines ?


Différents soins et conseils naturels adaptés selon le type de douleurs et le terrain de chaque personne, afin de personnaliser le plan de santé. C'est ce qu'on explore ensemble en consultation, de façon holistique et globale.




Dans cette série :

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